Pare-feu du Cap Ferret: enquête du parquet, plainte de Bartherotte
Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Bordeaux sur les circonstances de l'aménagement d'un pare-feu par l'homme d'affaires Benoît Bartherotte lors du gigantesque incendie de Gironde en juillet, a-t-on appris jeudi auprès du parquet.
Cette enquête a été ouverte fin août à la suite de la transmission d'un procès-verbal de l'Office national des forêts (ONF) "portant, pour l'essentiel, sur des faits de défrichement sans autorisation de bois ou forêt d'une collectivité publique", selon la même source.
Une plainte déposée parallèlement par l'association anti-corruption AC !!, pointant un chantier lancé sans autorisation, a été jointe à la procédure.
Benoît Bartherotte, président de l'Association de défense de la pointe du Cap Ferret, presqu'île huppée où il est propriétaire de quatre hectares, va de son côté déposer plainte contre X et l'ONF pour "mise en danger de la vie d'autrui", selon son avocat.
Le 23 juillet, au lendemain du déclenchement du feu qui a ravagé 42.000 hectares durant plusieurs jours, l'homme d'affaires avait pris publiquement l’initiative d'abattre des pins sur une bande de plusieurs centaines de mètres de large pour ériger ce pare-feu.
Son chantier, dont une partie a été menée sur des terrains de la commune de Lège-Cap-Ferret et de l'ONF, avait été suspendu le 26 juillet à la demande de la mairie, avant de reprendre deux jours plus tard après des discussions avec les autorités.
L'association anti-corruption AC !! estime que l'homme d'affaires s'est "exempté" du respect des règles et a ensuite "tordu le bras" des autorités pour faire autoriser son ouvrage.
Benoît Bartherotte répond qu'un ancien pare-feu du Cap Ferret "n'avait pas été entretenu" et que l'absence de "cordon sanitaire d'isolation entre l'agglomération et la forêt a provoqué un risque majeur".
L'homme d'affaires argue ainsi d'un "état de nécessité" face aux flammes qui s'approchaient alors du bourg de Lège-Cap-Ferret et de la presqu'île, d'où les autorités ont fait évacuer des dizaines de milliers de personnes.
B.Hurtado--BT