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TotalEnergies voit son bénéfice annuel 2025 chuter, lesté par les cours du pétrole
TotalEnergies voit son bénéfice annuel 2025 chuter, lesté par les cours du pétrole / Photo: Lou BENOIST - AFP/Archives

TotalEnergies voit son bénéfice annuel 2025 chuter, lesté par les cours du pétrole

Le groupe pétro-gazier TotalEnergies a vu son bénéfice net reculer de 17% en 2025, reflétant la baisse des cours du pétrole, dans un marché compliqué entre autres par les pressions sur la Russie et les tensions avec l'Iran.

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Malgré des indicateurs en recul, TotalEnergies s'est félicité de sa solidité financière, dans un contexte géopolitique mouvementé.

"TotalEnergies démontre une nouvelle fois sa capacité à résister à la baisse du prix des hydrocarbures", grâce à une croissance de sa production dans toutes les énergies, s'est félicité le PDG Patrick Pouyanné dans un communiqué.

Le bénéfice net atteint 13,1 milliards de dollars, soit 10,91 milliards d'euros, pour un chiffre d'affaires de 201,1 milliards de dollars, contre 214,5 milliards en 2024.

TotalEnergies s'éloigne encore un peu plus des sommets historiques de 2023 (19,8 milliards d'euros) et 2022 (19 milliards d'euros), lorsque la flambée des prix de l'énergie, nourrie par la reprise post-Covid et l'invasion russe de l'Ukraine, avait dopé ses résultats.

Depuis, la fièvre du pétrole est retombée: en 2025, le baril s'est échangé autour de 66 dollars en moyenne, dans un marché très volatil, chahuté par les tensions au Moyen‑Orient, le durcissement des sanctions contre la Russie, les menaces douanières de Trump et la hausse progressive des quotas de l’Opep+.

Pour compenser la spirale baissière, TotalEnergies a misé sur la hausse des volumes en 2025: +4% d’hydrocarbures et +17% d’électricité.

Face aux turbulences géopolitiques et économiques, le groupe pétrolier met d'ailleurs en avant sa stratégie basée sur ses deux "piliers", d'un côté les hydrocarbures (gaz et pétrole), de l'autre, l'électricité.

Le titre réagissait positivement à la bourse de Paris, en hausse de 2,00% à 63,76 euros dans un marché en légère hausse de 0,14% vers 15H10 GMT.

Dans le pétrole, le groupe a notamment bénéficié de la mise en service des projets Mero au Brésil et Ballymore aux Etats‑Unis, et dans le gaz, des démarrages de Tyra au Danemark et Fenix en Argentine. Ses ventes de gaz naturel liquéfié ont cru de 10%.

A l'échelle mondiale, le groupe vise 100 TWh de production d'électricité à horizon 2030, dont 70% d'origine renouvelable et 30% issue de centrales à gaz.

- Cap sur les centrales à gaz -

Mardi, le groupe britannique BP a annoncé un effondrement de son bénéfice net de 86%, à 55 millions de dollars, sous l'effet de la baisse des prix du pétrole et d'une lourde dépréciation liée à ses activités dans la transition énergétique.

A l'inverse, la semaine dernière, l'autre géant britannique Shell a publié un bénéfice net en hausse de 11% en 2025 à 17,83 milliards de dollars, malgré la baisse des prix de l'or noir, compensée par le volume des ventes et une diminution de ses coûts.

Comme ses pairs, TotalEnergies prévoit d'augmenter sa production d'hydrocarbures dans les prochaines années.

"TotalEnergies persiste dans une fuite en avant irresponsable, symbolisée par la relance du projet (gazier) Mozambique LNG, véritable bombe climatique aux conséquences humaines et environnementales désastreuses", a réagi Sarah Roussel, chargée de campagne Climat chez Greenpeace France.

Cette année, le groupe prévoit 15 milliards de dollars d'investissements nets, un peu moins que prévu, dont 4 milliards "dans les énergies bas carbone", principalement de l'électricité. Au total, une part de 25% contre un tiers auparavant. "Le rythme qu'on vise, c'est toujours 4 milliards d'investissements" par an dans les énergies "bas carbone", a confirmé le PDG à la presse.

Ces investissements sont dits "bas carbone" même si TotalEnergies y intègre un équivalent annuel de plus d'1 milliard lié à l'acquisition, sous forme d'actions, des centrales à gaz de la holding tchèque EPH, dont l'homme d'affaires Daniel Kretinsky est l'actionnaire majoritaire et le président du conseil d'administration. L'opération qui doit être finalisée cet été fera du milliardaire un des premiers actionnaires de TotalEnergies.

Malgré ses bénéfices en recul et "les incertitudes", TotalEnergies, désormais côtée en continu à Paris et à New York, continuer de chouchouter ses actionnaires: le société a annoncé le versement d'un dividende en hausse de 5,6%, à 3,40 euros par action.

P.Gil--BT