Rubio poursuit sa tournée en Europe chez des alliés proches de Trump
Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio poursuit dimanche sa tournée en Europe en se rendant dans deux pays dirigés par des proches de Donald Trump, la Slovaquie puis la Hongrie, au lendemain de son appel aux Européens à défendre la civilisation occidentale.
A Munich samedi, dans un discours prononcé devant la Conférence sur la sécurité, M. Rubio a appelé les Européens à se ranger derrière la vision du président américain sur l'ordre mondial, tout en prônant la revitalisation du lien avec une Europe "forte".
A Bratislava d'abord, pour une visite éclair de quelques heures dimanche, M. Rubio doit rencontrer le Premier ministre Robert Fico, qui se revendique de la même idéologie souverainiste et nationaliste que le président américain.
Lors d'une récente visite en Floride, M. Fico aurait, selon le média Politico citant des diplomates européens anonymes, exprimé son inquiétude quant à l'état mental du président américain mais Washington et Bratislava ont vigoureusement démenti.
A l'issue de cette rencontre en Floride, le dirigeant slovaque avait déclaré avoir eu avec Donald Trump des échanges "extrêmement importants" sur l'énergie nucléaire.
Le secrétaire d'Etat américain se rendra ensuite à Budapest pour des rendez-vous lundi avec les autorités hongroises dont le Premier ministre Viktor Orban.
Donald Trump ne fait aucun mystère de son soutien pour le dirigeant nationaliste hongrois, qu'il qualifie d'"homme fort et puissant", en vue des élections législatives prévues le 12 avril.
Viktor Orban fait face au défi le plus difficile depuis son retour au pouvoir en 2010, son parti Fidesz étant devancé par le parti d'opposition TISZA dans les sondages avant le scrutin.
Dans un discours samedi, il s'est engagé à poursuivre son offensive contre les "pseudo-organisations civiles, les journalistes, les juges et les politiciens achetés", pas loin de ce qu'entreprend Donald Trump aux Etats-Unis.
Le Premier ministre hongrois a également fait part de son intention de se rendre à Washington pour assister la semaine prochaine à la réunion inaugurale du "Conseil de paix" du président américain.
Viktor Orban est particulièrement proche de l'administration Trump en raison de sa politique antimigrants depuis la crise des réfugiés syriens il y a dix ans.
- La question de l'énergie -
La Hongrie a aussi obtenu, lors d'une visite de M. Orban à la Maison Blanche l'année dernière, une exemption de sanctions américaines sur les importations de pétrole et de gaz russes.
L'ancien président démocrate Joe Biden entretenait des relations beaucoup plus hostiles avec M. Orban, qu'il accusait de "tendre vers la dictature", notamment en muselant les médias indépendants et en menant campagne contre les droits des LGBT+.
Lors des étapes slovaque et hongroise, il sera beaucoup question d'énergie, ont indiqué des responsables américains avant la visite.
Ces deux nations sont des pays d'Europe centrale enclavés, aux liens étroits avec le Kremlin, et elles restent fortement dépendantes des combustibles fossiles russes malgré l'invasion de l'Ukraine par Moscou en 2022.
La Slovaquie et la Hongrie sont engagées dans un bras de fer avec l'Union européenne contre la décision de cette dernière de supprimer progressivement les importations de gaz russe.
Washington entend ainsi resserrer les liens énergétiques avec ses deux alliés de droite.
T.Castillo--BT