Tabac: 68.000 morts en France en 2023, un fardeau toujours important pour la santé publique
Le tabac a fait plus de 68.000 morts en France en 2023, en majorité par cancer, mais aussi du fait de maladies cardiovasculaires et respiratoires, "un fardeau toujours trop important" bien qu'en légère baisse, pour la santé publique, selon les derniers chiffres nationaux.
"Les trois quarts de ces 68.021 décès prématurés concernaient la population masculine" puisque le tabagisme a causé la mort de 49.361 hommes et 18.660 femmes, - soit 16% de ces décès côté masculin, 6% côté féminin et 11% au total- détaille Santé publique France (SpF) dans un point lundi.
C'est moins qu'en 2015, où 75.000 décès étaient attribués au tabagisme: cela est dû à la disparition progressive des générations "ayant historiquement le plus fumé" mais aussi, précise SpF, à l'utilisation de paramètres intégrant davantage de données récentes.
"Reflet des politiques de prévention", ce recul "limité" ne "modifie pas l'ampleur du problème sanitaire" du tabagisme, qui "accentue considérablement les inégalités sociales de santé", estime le Comité national contre le tabagisme (CNCT) dans un communiqué lundi.
En 2023 le cancer a causé 58% des morts attribuables au tabac côté hommes; 55% côté femmes. Suivent pathologies cardiovasculaires (14.101 décès), maladies respiratoires chroniques (12.798) attribuables au tabagisme et dans une moindre mesure, affections respiratoires aiguës (1.839) et diabète (551).
Trois régions françaises - Hauts-de-France, Grand Est et Corse - "présentent le fardeau le plus lourd", constate SpF: les taux de décès dus au tabagisme excèdent de 40% celui de l'Ile de France, le plus faible de l'Hexagone.
Cette mortalité attribuable au tabac est "la conséquence d'habitudes tabagiques prises dans leur jeunesse par des générations d'hommes et de femmes qui atteignent l'âge où les maladies causées par le tabagisme ont une incidence élevée", observe SpF.
"Cause majeure de mortalité prématurée et évitable" le tabagisme, fait perdre aux fumeurs, hommes ou femmes, une dizaine d'années d'espérance de vie, rappelle l'agence, jugeant "essentiel" d'atteindre une "génération sans tabac", notamment via la mise en oeuvre du 3ème Programme national de lutte contre le tabac en cours.
Le CNCT appelle de son côté à "intensifier l'action publique" avec un arsenal de mesures éprouvées: fiscalité "forte", "accès facilité au sevrage tabagique", interdiction stricte de la publicité, protection des jeunes, espaces sans tabac, encadrement des nouveaux produits nicotiniques...
SpF lance ce lundi jusqu'au 15 mars, une campagne de communication "Devenir Ex-fumeur".
A.Nunez--BT