Bogota Tiempo - Cessez-le-feu en Iran: soulagement des marchés en Europe

Bogota -

DANS LES NOUVELLES

Cessez-le-feu en Iran: soulagement des marchés en Europe
Cessez-le-feu en Iran: soulagement des marchés en Europe / Photo: ERIC PIERMONT - AFP/Archives

Cessez-le-feu en Iran: soulagement des marchés en Europe

Chute du pétrole, très fort rebond des Bourses, détente sur les taux d'intérêt: les marchés enclenchent un cercle vertueux mercredi à l'annonce d'un cessez-le-feu de deux semaines entre les Etats-Unis et l'Iran en l'échange d'une réouverture du détroit d'Ormuz.

Taille du texte:

"La trève entre l'Iran et les Etats-Unis déclenche des mouvements massifs sur les marchés", résume Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB, qui met en garde avec d'autres analystes contre la fragilité de la trève en question.

Le pétrole sous le seuil des 100 dollars

Première conséquence: boussole des marchés, le coût du pétrôle a fortement baissé à l'annonce du cessez-le-feu, repassant sous le seuil des 100 dollars le baril.

En recul de 14,68%, le WTI américain s'échangeait à 96,37 dollars le baril pour des livraisons en mai. Le Brent de la mer du nord valait 94,91 dollars sur des contrats à échéance du mois de juin (-13,14%), selon un pointage à 07H30 GMT.

"La chute massive du prix du pétrole montre que les investisseurs sont prêts à parier sur la réouverture du détroit d'Ormuz", souligne Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB

"Toutefois, il convient de noter que le prix du pétrole reste élevé et se situe au-dessus de 90 dollars le baril, bien au-dessus de la moyenne de 81 dollars le baril pour le Brent sur les 12 derniers mois", ajoute-t-elle.

Bourses: début d'euphorie

L'annonce du cessez-le-feu a provoqué un début d'euphorie sur les marchés boursiers, traumatisés la veille par les menaces tonitruantes du président américain Donald Trump contre l'Iran.

En Europe, le Dax allemand (+4,69%) et le CAC 40 à Paris (+4,06%) reprenaient des couleurs après cinq semaines d'inquiétudes, d'après un pointage à 07H55 GMT.

Londres progressait également (+2,49%) malgré le fort recul des valeurs pétrolières (-8,18% pour BP et -6,92% pour Shell).

En Asie, la Bourse de Tokyo a clôturé mercredi en hausse de plus de 5%, tandis que celle de Séoul a flambé de presque 7%, exprimant le même soulagement dans des pays dépendant des importations pétrolières en provenance du Moyen-Orient.

"Si le cessez-le-feu est rompu ou si les navires ne traversent pas rapidement le détroit d'Ormuz, le sentiment du marché pourrait changer", note Kathleen Brooks.

"Il s'agit d'une pause, et non d'un retour à la case départ", observe également Andrea Tueni, responsable des activités de marché en France pour SaxoBank. "Les risques structurels liés au pétrole, à l'inflation et à la géopolitique n'ont pas disparu".

Les actions des grandes compagnies aériennes européennes étaient également en forte hausse. A Paris, vers 07H50 GMT, l'action d'Air France gagnait 13,85%. A Francfort, celle de Lufthansa augmentait de 11,54%, quand celles d'easyJet et de Wizz Air (compagnie hongroise) prenaient respectivement 11,17% et 13,74% à Londres.

Baisse des taux d'intérêt

Lancé dans la nuit du 27 au 28 février par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, le conflit avait provoqué une hausse du pétrole, des risques d'inflation et une envolée des taux d'intérêt.

En toute logique, ces taux d'emprunt des dettes souveraines européennes étaient en forte baisse mercredi, après l'annonce de l'accord.

Référence en Europe, le taux d'emprunt de la dette allemande à dix ans tombait à 2,92% mercredi vers 07H15 GMT, contre 3,08% la veille sur le marché de la dette. Son équivalent français passait à 3,55% contre 3,77% la veille et celui du Royaume-Uni descendait à 4,71% contre 4,90% la veille.

Cette baisse des taux d'emprunt signifie notamment que les investisseurs sont, depuis l'annonce du cessez-le-feu, moins inquiets concernant le niveau d'inflation que va connaître le continent dans les mois à venir.

"Les marchés peuvent désormais envisager à nouveau des baisses de taux, mais celles-ci ne suffiront probablement pas à effacer complètement le choc récent, à moins que l'approvisionnement énergétique ne revienne rapidement à la normale et que les efforts diplomatiques ne portent leurs fruits", souligne Andrea Tueni.

X.Dominguez--BT