Moyen-Orient: vent d'euphorie en Bourse avec l'espoir d'un accord
Ca frise l'euphorie. Les Bourses de Paris et de Francfort progressaient de 3% et plus mercredi à mi-séance avec l'espoir d'un accord entre les Etats-Unis et l'Iran qui a déjà ramené le prix du pétrole en dessous des 100 dollars le baril.
A 11H10 GMT, l'indice du CAC 40 à Paris progressait de 3,21% tandis que le DAX à Francfort prenait 3,01%. Londres (+2,41%) et Milan (+2,08%) confirmaient l'appétit renouvelé des investisseurs pour l'achat de titres et la prise de risques.
L'agressivité des marchés devrait se confirmer à New York, où les trois indices devaient ouvrir en hausse, d'après les contrats à terme négociés avant la séance: Dow Jones (+1,19%), S&P 500 (+1,01%) et l'indice des valeurs technologiques Nasdaq (+1,67%).
Ce marché américain dopé par l'intelligence artificielle digérait de plus une information de taille: Elon Musk prévoit d'investir au moins 55 milliards de dollars dans son projet d'usine de puces pour l'IA, selon un avis public publié mercredi par un comté du Texas aux Etats-Unis, où l'usine doit être construite.
- Chute brutale du brut -
La bonne humeur des marchés s'appuie aussi sur la chute brutale (-10% et plus) des prix du pétrole, qui sont repassés en dessous du seuil des 100 dollars avec la perspective de la réouverture du détroit d'Ormuz, par lequel transite 20% de l'offre mondiale.
Le Brent de la mer du nord, référence du brut, s'échangeait à 98.14 dollars contre près de 120 la veille (-10.68%). Le WTI américain retombait à 89.64 dollars le baril (-12.35%), selon un pointage à 11H15 GMT.
Les salles de marché se sont emballées juste après la publication d'un article du média Axios généralement bien connecté à l'entourage de la Maison Blanche.
Selon le site Axios, "deux responsables américains et deux autres sources informées du dossier" ont fait état "d'un protocole d'accord d'une page visant à mettre fin à la guerre et à établir un cadre pour des négociations nucléaires plus détaillées".
Les États-Unis attendraient des réponses de Téhéran dans les 48 prochaines heures.
"Cette nouvelle a ravivé l'optimisme quant au fait que nous avançons dans la bonne direction pour les marchés mondiaux de l'énergie, ce qui soutient un vaste mouvement d'appétit pour le risque", constate Neil Wilson, analyste pour Saxo Market.
Une autre alerte a remonté le moral des marchés: le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, médiateur dans le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis et Israël, a déclaré mercredi avoir "bon espoir" que la dynamique actuelle dans le détroit d'Ormuz conduise à la paix au Moyen-Orient.
Donald Trump avait déjà annoncé mardi la suspension de son "Projet Liberté" d'escorte de navires dans le détroit d'Ormuz, le temps de voir si un accord pouvait être "finalisé" avec l'Iran, après de "grands progrès", selon lui, en vue d'une reprise des négociations.
"Sur le plan sectoriel, la technologie a repris le leadership, avec des valeurs comme Intel ou Amazon soutenues par des annonces stratégiques", ajoute John Plassard dans sa note pour Cité Gestion Private Bank.
Le vent de l'optimisme avait déjà soufflé plus tôt dans la matinée sur l'Asie, où l'indice Kospi à Séoul s'est envolé (+6,45%), avec Samsung qui entre dans le club feutré de la douzaine de géants de la tech dépassant les 1.000 milliards de capitalisation boursière.
- Détente sur le marché des taux -
La détente s'observait également sur le marché de la dette des Etats et des entreprises, indicateur des risques d'inflation.
Le rendement du "Bund", le taux d'emprunt allemand à échéance dix ans, référence en Europe, repassait sous le seuil des 3% (2,97%) contre 3,06% la veille. Le recul de son équivalent français était tout aussi net (3,59% contre 3,71% la veille).
"Le regain d'appétit pour le risque est porté par la perspective d'une fin plus rapide du conflit, élément crucial pour faire face aux risques d'inflation sur les marchés", souligne Neil Wilson de SaxoMarkets.
"Les rendements britanniques à 10 ans et 30 ans ont baissé d'environ 10 points de base à l'annonce, tandis que les bons du Trésor américain à 10 ans ont reculé d'environ 7 points de base", ajoute-t-il. Le rendement britannique avait atteint la veille un sommet depuis 1998.
U.Ortiz--BT