Mort à 80 ans de l'ex-PDG de Carrefour, Daniel Bernard
Daniel Bernard, PDG de Carrefour de 1998 à 2005, est décédé à 80 ans d'une longue maladie, a annoncé mercredi à l'AFP un proche de la famille de ce dirigeant qui a oeuvré à la transformation du distributeur français en géant mondial.
Daniel Bernard est "décédé dans la nuit du 4 au 5 août 2026", a indiqué à l'AFP le proche de sa famille, saluant "un des grands architectes de la distribution moderne", dans un communiqué transmis à l'AFP.
L'actuel PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a rendu hommage sur Linkedin à l'un de ses prédécesseurs, "géant parmi les géants de la distribution mondiale", avec lequel il parlait "régulièrement" de leur "entreprise de coeur".
"Daniel Bernard était un bâtisseur. Un conquérant. Un visionnaire" avec le "goût du terrain et du détail", a estimé M. Bompard, exprimant sa "grande tristesse" et promettant de continuer à "faire vivre son héritage : celui d'un Carrefour ambitieux, profondément commerçant, ouvert sur le monde et toujours capable de se réinventer".
"Issu d'une famille modeste du Nord" et diplômé d'HEC, Daniel Bernard s'est fait la main au sein de Socam Miniprix, Mammouth, Delta, puis du groupe allemand Metro, avant de mettre son expertise du secteur et des hypermarchés au service de Carrefour, d'abord comme directeur général, en 1992, puis comme PDG, rappelle le communiqué.
Sous son impulsion, le "champion français" accélère son développement international et se hisse au rang de deuxième distributeur mondial derrière le géant américain Wal-Mart (devenu depuis Walmart), à la faveur d'une fusion en 1999 avec le groupe Promodès (enseignes Continent, Champion, Shopi, 8 à Huit).
Il a également inventé les "filières qualité carrefour" qui visait à améliorer "les relations du distributeur avec le monde agricole en signant des accords de longue durée", souligne le communiqué.
Malgré des succès remarquables à l'étranger, Daniel Bernard est évincé en 2005, ayant échoué à redresser le cours du titre en Bourse, en chute depuis trois ans, de même que les hypermarchés français qui plombent les résultats du groupe.
A l'époque, les conditions financières de son départ scandalisent l'opinion, notamment une retraite-chapeau d'1,2 million d'euros annuels, un montant finalement annulé par la justice quelques années plus tard. "Il n'a pas touché un centime" à ce titre, a insisté auprès de l'AFP la source proche de la famille.
Après Carrefour, Daniel Bernard a notamment présidé le groupe de bricolage britannique Kingfisher (Castorama en France) ainsi que le groupe Majid Al Futtaim (MAF) Retail, basé à Dubaï.
Président de la fondation HEC de 2008 à 2014, il a également participé à plusieurs conseils d'administration de grands groupes comme Capgemini.
Décrit par le proche de sa famille comme un "homme de conviction profondément humaniste", ce passionné de jardinage et d'opéra continuait d'accompagner de jeunes entrepreneurs dans leurs projets, via sa société d'investissement et de conseil Provestis.
U.Ortiz--BT