Bogota Tiempo - Scandale financier en Turquie: les avoirs d'une ex-ministre gelés

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Scandale financier en Turquie: les avoirs d'une ex-ministre gelés
Scandale financier en Turquie: les avoirs d'une ex-ministre gelés / Photo: OZAN KOSE - AFP/Archives

Scandale financier en Turquie: les avoirs d'une ex-ministre gelés

La justice turque a gelé les avoirs d'une ex-ministre et poids-lourd du parti du président Recep Tayyip Erdogan, dans un scandale boursier qui secoue l'échiquier politique juste avant l'ouverture de la session parlementaire.

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L'étau s'est resserré sur Fatma Betül Sayan Kaya, après l'annonce ce week-end de sa démission de toutes ses fonctions au sein du Parti de la Justice et du développement (AKP), dont elle était une des vice-présidents.

"Une lettre concernant le gel de l'ensemble des biens appartenant à İlyas Kaya et à son épouse (...) a été envoyée aux institutions compétentes", a indiqué le parquet général d'Istanbul mardi soir, dans un communiqué publié par les médias turcs.

Le nom de l'ancienne ministre de la Famille (2016-18) avait émergé dans la presse ces derniers jours, en marge d'une immense affaire qui aurait lésé plus de 455.000 investisseurs particuliers.

Elle n'a reconnu aucune infraction, affirmant souhaiter simplement que "l'enquête puisse être menée de manière indépendante, impartiale, et sans la moindre suspicion ni influence indue".

- Actifs toxiques et montages illégaux -

La crise a débuté quand l'Autorité des marchés de capitaux de Turquie (SPK) a ordonné fin août aux fonds d'investissements de ne plus placer leurs actifs sur une seule action et de diversifier leurs placements.

Pour s'y conformer, ils ont commencé à vendre des actions et les investisseurs à se retirer. Certains fonds ont alors déclaré n'être pas en mesure de liquider leurs actifs assez rapidement.

La SPK a placé en liquidation sept sociétés qui géraient 131 fonds, dont les actifs toxiques seraient évalués à environ 15 milliards d'euros.

Le gouvernement et la majorité ont depuis promis de rembourser aux victimes les pertes accumulées et de punir les coupables, y compris dans leur propre camp si nécessaire.

Mais si les mesures prises pour calmer les marchés semblent fonctionner, la dimension politique du scandale ne faiblit pas.

Le Nouveau Parti (Yeni, opposition) a promis de publier la liste des personnalités de l'AKP qui auraient bénéficié de détournements de fonds.

Il accuse Mme Kaya d'avoir investi dans ces montages véreux pour 63 millions de livres turques (1,15 million euros) en avril, avant de les revendre en septembre avec un bénéfice d'environ 1,3 milliard (23,6 millions euros).

Avec les agissements distincts de son mari, les profits du couple atteindraient les 2,2 milliards (environ 40 millions euros), selon Gokhan Gunaydin, porte-parole du Nouveau Parti. Certains médias affirment que la responsable a depuis remboursé les sommes amassées, tout en relevant qu'elle n'était toujours pas poursuivie.

Le ministre de la Justice Akin Gürlek a déclaré pour sa part mercredi que 217 suspects étaient désormais visés. Parmi eux, 56 ont été placés en détention provisoire et 88 sont sous contrôle judiciaire.

- "Sommet de l'iceberg" -

L'enquête, a-t-il assuré sur X, continue de s'étendre. "Les mouvements sur 26 actions considérées comme susceptibles d'avoir fait l'objet d'opérations spéculatives et manipulatoires sont examinés en détail", a-t-il écrit.

"L'historique des transactions, les flux financiers et les (...) comptes ayant réalisé des gains à des taux extraordinairement élevés en peu de temps font également l'objet d'investigations".

Le président Erdogan a mis en place un comité ad hoc pour gérer la crise, en martelant mardi que l'AKP était un parti propre, comme son nom l'indique" (en turc, "ak" signifie "blanc" NDLR).

Désignant l'opposition, il a ajouté : "sans même regarder leurs propres dossiers, noirs comme du charbon, ils essaient de nous donner des leçons de morale et d'éthique politique. Je leur dis : +Fichez-moi le camp+".

Le sujet risque de parasiter l'ouverture de la session parlementaire jeudi, lors de laquelle le chef de l'Etat doit prononcer un discours.

Le chef de l'opposition turque Özgür Özel a décidé de ne pas y participer. Le cas de Mme Kaya n'est que "le sommet de l'iceberg", a-t-il affirmé, qualifiant ce scandale de "casse du siècle".

Mercredi, lors d'une réunion de parlementaires de son parti, il a annoncé la création de "groupes de travail" pour enquêter, souhaitant que sa formation participe à une commission parlementaire si elle était créé.

"D'une manière ou d'une autre, nous démasquerons nous-mêmes ceux qui ont volé l'argent", a-t-il promis.

F.Mejia--BT