Bogota Tiempo - Fusillade d'Aubagne : un autre mineur en garde à vue

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Fusillade d'Aubagne : un autre mineur en garde à vue
Fusillade d'Aubagne : un autre mineur en garde à vue / Photo: Miguel MEDINA - AFP

Fusillade d'Aubagne : un autre mineur en garde à vue

Un autre mineur a été placé en garde à vue après la fusillade d'Aubagne, qui vaut déjà au tireur de 14 ans d'être écroué : les enquêteurs ciblent notamment les jeunes membres d'une communauté en ligne fascinée par les tueries de masse, qui pousserait au passage à l'acte.

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Un autre adolescent a donc été placé en garde à vue mercredi sur commission rogatoire des juges d'instruction antiterroristes saisis dans la fusillade au collège d'Aubagne, a indiqué jeudi une source judiciaire à l'AFP.

Les "investigations, couvertes par le secret, sont en cours", ajoute la source. Un adolescent de 13 ans, soupçonné d'avoir été en lien avec le collégien-tireur d'Aubagne via TikTok, a été interpellé dans le nord de la France mercredi en fin de journée, selon franceinfo jeudi.

Des "précisions complémentaires seront apportées à l'issue de la garde à vue", ajoute la source judiciaire sollicitée par l'AFP.

Au coeur du dossier, il y a l'exploitation des supports numériques saisis au cours de la perquisition réalisée au domicile du collégien de 14 ans qui a blessé par balles un principal et une enseignante à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône.

- "Glorification", "imitation" -

Le parquet national antiterroriste (Pnat), chargé de l'affaire, a notamment mis au jour "l'utilisation par le mis en cause de nombreux comptes de réseaux sociaux sur Protonmail, Discord, Snapchat ou TikTok".

Une première analyse "de ceux-ci dans le temps de la garde à vue" du tireur de 14 ans "révélait la probable adhésion à la True Crime Community (TCC)", communauté en ligne fascinée par les tueries de masse. "L'un de ses comptes étant exclusivement dédié à la republication de contenus liés à cette communauté, d'une extrême violence et plus particulièrement relatifs aux tueries scolaires", a relaté mercredi le Pnat.

Au sein de la TCC, "se détache une sous-communauté vouée aux tueurs de masse qui, par la diffusion massive de contenus ultraviolents, tend à désensibiliser ses adeptes à la violence", ajoute le Pnat. "Par une glorification de la violence extrême comme vecteur de lutte contre les difficultés personnelles, la TCC promeut le passage à l'acte par imitation", éclaire encore le parquet.

Le collégien-tireur a admis "avoir été influencé" par une mouvance fascinée par les tueries de masse, a mentionné mercredi le Pnat. Cet adolescent conteste toutefois toute "intention homicide", insiste son avocat Me Fabrice Giletta. "Mon client a indiqué qu'il avait eu soin de viser des zones qui n'étaient pas létales", a-t-il dit.

Le tireur mineur a été placé en détention provisoire mercredi soir conformément aux réquisitions du Pnat, qui s'est saisi du dossier en faisant pour la première fois le lien en France entre un passage à l'acte et une mouvance fascinée par les tueries de masse, TCC en l'occurrence, phénomène né en Amérique du Nord.

- Menace encore "marginale" -

L'adolescent de 14 ans a été mis en examen pour "tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste, en l'espèce ayant visé des enseignants ou des membres des personnels du collège" mais aussi, notamment, "association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes contre les personnes", ce qui explique la recherche d'autres suspects en lien avec la communauté TCC.

"C'est une menace pour laquelle on a un nombre de procédures qui reste relativement faible, qui est cependant un point de préoccupation, pas uniquement en France, mais dans beaucoup de pays de l'Union européenne, parce qu'on la voit croître", a commenté jeudi matin sur franceinfo Olivier Christen, à la tête du Pnat.

Cette menace "reste totalement marginale par rapport au reste de la menace terroriste" : "La menace jihadiste représente à peu près 88 % des procédures que nous avons, y compris pour les mineurs", a conclu le procureur antiterroriste.

Le collégien-tireur placé en détention provisoire est "le plus jeune" mis en cause qui soit "passé à l'acte" dans les dossiers relevant de l'antiterrorisme, selon Olivier Christen.

U.Ortiz--BT