Bogota Tiempo - Le gouvernement britannique approuve le forage controversé d'un champ gazier en mer du Nord

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Le gouvernement britannique approuve le forage controversé d'un champ gazier en mer du Nord
Le gouvernement britannique approuve le forage controversé d'un champ gazier en mer du Nord / Photo: Brook Mitchell - AFP/Archives

Le gouvernement britannique approuve le forage controversé d'un champ gazier en mer du Nord

Le gouvernement britannique a donné son feu vert mercredi à l'exploitation en mer du Nord du projet gazier controversé Jackdaw, voulant se montrer "pragmatique" pour renforcer la sécurité énergétique du pays, confronté à l'envolée des prix à cause de la guerre au Moyen-Orient.

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L'annonce a été saluée par l'opposition conservatrice et le président américain Donald Trump, mais dénoncée par les écologistes.

L'approbation de l'exploitation de Jackdaw, situé à environ 240 km à l'est d'Aberdeen, permettra de "protéger des centaines d'emplois et ajouter environ 2,9 milliards de livres (3,45 milliards d'euros) à l'économie britannique", indique le gouvernement travailliste dans un communiqué.

Le gaz produit pourra commencer à alimenter les foyers et commerces "dès la fin du mois" et augmenter la production nationale d'environ 6 % à son point culminant, précise-t-il.

Le Premier ministre Andy Burnham a défendu une "approche pragmatique" devant le Parlement, où il a été interpellé sur les émissions de gaz à effet de serre générées par ce nouveau projet.

Londres affirme conserver l'ambition d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 et de s'orienter vers les énergies renouvelables. "Mais même sur notre trajectoire climatique ambitieuse, nous aurons encore besoin de pétrole et de gaz pour répondre à une partie de nos besoins énergétiques pendant des décennies", précise M. Burnham.

Le gouvernement a aussi annoncé le lancement d'un fonds pour la transition écologique doté de 2 milliards de livres (environ 2,4 milliards d'euros), financé par les recettes d'hydrocarbures de la mer du Nord.

- Factures "pas moins élevées" -

Les opposants aux nouveaux forages en mer du Nord rétorquent que toute production supplémentaire d'énergie fossile implique davantage de consommation et ne fait que retarder la transition énergétique. Ils soulignent aussi que les prix pour les consommateurs ne baisseront pas.

Avant d'arriver au pouvoir en 2024, le parti travailliste s'était engagé à ne pas accorder de nouveaux permis de forage en mer du Nord.

Ces engagements permettent cependant d'avaliser des projets relevant de licences existantes. C'est le cas pour Jackdaw, initialement approuvé par les conservateurs en 2022 avant de faire l'objet d'une longue bataille judiciaire, avait souligné début octobre Anders Opedal, le patron d'Equinor interrogé à ce sujet.

Le géant norvégien des hydrocarbures a formé avec Shell la coentreprise Adura, en charge notamment de ce champ gazier.

"Toute l'infrastructure est en place, tous les puits sont forés", précise auprès de l'AFP Matt Cooper, analyste chez Rystad Energy.

A une semaine de la présentation du budget, et alors que l'inflation dopée par la hausse des prix des carburants s'est affichée à 3,5 % en septembre, M. Burnham a aussi fait valoir que ce projet gazier, d'une durée de vie estimée jusqu'à 11 ans, "aidera à maintenir des millions de foyers au chaud cet hiver".

"Cela ne se traduira pas par des factures moins élevées" a néanmoins reconnu la ministre de l'Energie, Miatta Fahnbulleh, au micro de la radio LBC.

- "Y aller A FOND" -

M. Burnham reste sous la pression des conservateurs, qui ont appelé mercredi à approuver Rosebank, un projet essentiellement pétrolier en mer du Nord, à l'ouest des îles Shetland, qui a suivi la même trajectoire judiciaire et politique que Jackdaw.

Plus important en volume d'hydrocarbures, Rosebank prendrait néanmoins plus de temps à être mis en route et le pétrole extrait serait exporté dans d'autres pays pour y être raffiné.

"Une grande partie du pétrole produit sur le plateau continental britannique est exportée vers des raffineries européennes", en raison d'une faible capacité de raffinage dans le pays, explique à l'AFP James Reid, de Wood Mackenzie.

Le gouvernement n'a pas indiqué quand il se prononcerait sur ce dossier. Mme Fahnbulleh a souligné que Jackdaw et Rosebank étaient "deux projets très différents", notant justement que le gaz serait directement injecté dans le réseau contrairement au pétrole.

En plus des pressions internes, le gouvernement britannique fait face depuis des mois aux appels de Donald Trump à forer davantage en mer du Nord.

Le président américain a jugé que l'approbation de Jackdaw était une "excellente nouvelle pour la richesse et la prospérité du Royaume-Uni" dans une publication sur son réseau Truth Social.

"Ils devraient y aller À FOND !!!" sur les forages en mer du Nord, a-t-il ajouté.

H.Sanchez--BT