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Charles III, pressé sur l'esclavage, entame une visite dans les Caraïbes
Charles III, pressé sur l'esclavage, entame une visite dans les Caraïbes / Photo: Aaron Chown - POOL/AFP

Charles III, pressé sur l'esclavage, entame une visite dans les Caraïbes

Le roi Charles III a entamé mardi aux Bahamas une tournée dans les Caraïbes, où il doit évoquer "les grandes souffrances du passé", face à des appels à des excuses officielles et des réparations pour l'esclavage durant la période coloniale.

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Au cours de cette visite de neuf jours dans trois pays, le monarque de 77 ans, soigné pour un cancer dont la nature n'a pas été dévoilée, abordera aussi le thème des menaces climatiques qui pèsent sur ces îles.

Il se rend aux Bahamas puis au Guyana, avant d'être rejoint par la reine Camilla à Antigua-et-Barbuda pour la réunion bisannuelle des chefs de gouvernement des pays du Commonwealth (CHOGM), du 1er au 4 novembre.

Aux Bahamas où il a atterri mardi, Charles devrait déclarer que "ce que la culture bahaméenne a de meilleur aujourd'hui, ce qu'elle a de plus joyeux, de plus porteur d'espoir, de plus lumineux, est né de l'obscurité", selon le palais de Buckingham.

"Il est juste que nous reconnaissions les grandes souffrances du passé sur ces îles et au-delà, même si nous nous réjouissons des succès présents et créons de nouvelles opportunités pour l'avenir", devrait-il ajouter lors d'un rassemblement de jeunes.

Le souverain avait déjà décrit l'esclavage comme les "jours les plus sombres" de l'histoire britannique.

Plusieurs anciennes colonies réclament que le roi aille plus loin pour réparer les dommages causés par la colonisation et la traite des esclaves, dont ses ancêtres ont tiré profit pendant des siècles.

- Excuses pour l'esclavage ? -

Début septembre, la Jamaïque a déposé une pétition auprès d'un tribunal de Londres afin de "faire avancer la campagne (...) en faveur de réparations pour les ancêtres africains qui ont souffert de centaines d'années d'esclavage".

Charles abordera les questions coloniales à chaque étape du voyage.

Le président du Guyana, Irfaan Ali, qui doit le rencontrer, a déclaré à ITV News que la reconnaissance des "jours sombres" de la colonisation n'était qu'une "première étape".

"Passer aux excuses constitue l'étape suivante", a-t-il affirmé, exigeant que l'ancien Empire rende des comptes pour avoir "exploité la région", "détruit des vies" et "créé le sous-développement".

Si des regrets ont été exprimés concernant le rôle central joué par le Royaume-Uni dans l'esclavage, aucun souverain britannique n'a jusqu'ici présenté d'excuses officielles. Et Londres a toujours rejeté l'idée d'une compensation financière.

En 2022, une tournée dans les Caraïbes du prince-héritier William et de son épouse Kate avait viré au fiasco, avec manifestations hostiles à la monarchie et appels à verser des réparations.

"Pour Sa Majesté, cette tournée est à la fois un nouveau voyage et la continuation d'un voyage entrepris toute sa vie, au cours duquel il a cherché à dialoguer, à comprendre et à sensibiliser aux aspects les plus honteux de notre passé", a déclaré un porte-parole du palais avant le discours du roi.

- Urgence climatique -

Buckingham a par ailleurs souligné que cette visite serait l'occasion pour les pays des Caraïbes d'aborder des urgences comme le changement climatique.

Aux Bahamas, Charles devrait mettre en avant les défis auxquels sont confrontées les îles de faible altitude, en déclarant que "notre monde appelle à la guérison".

Charles III, défenseur des causes environnementales, rencontrera des organisations œuvrant dans ce domaine, notamment un projet de restauration des coraux à Antigua-et-Barbuda et des initiatives de protection de la forêt tropicale au Guyana.

"Beaucoup de pays touchés par le changement climatique ne sont pas parmi les principaux pollueurs, et ce sont pourtant eux qui en subissent les conséquences les plus lourdes", a indiqué à l'AFP la Ghanéenne Shirley Ayorkor Botchwey, la secrétaire générale du Commonwealth, qui regroupe 56 pays membres avec le roi à sa tête.

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P.Gil--BT