L'intersyndicale du BHV en faveur du redressement judiciaire et du départ des dirigeants
L'intersyndicale du BHV, grand magasin parisien ayant annoncé mardi sa demande de placement en redressement judiciaire, a estimé mercredi que les dirigeants actuels ont "manifestement failli" et enjoint la justice d'ouvrir "urgemment" une telle procédure.
Dans un communiqué , les représentants du personnel de l'enseigne parisienne ont dénoncé "l'absence de stratégie et de moyens réels pour redresser l'enseigne" et "l'opacité sur les flux financiers" des dirigeants.
"Continuer avec les dirigeants actuels est voué à l'échec. Seul un projet de reprise solide et bien financé permettrait de maintenir l'activité et sauvegarder une partie des emplois", ont-ils estimé.
Le BHV Marais, qui affirmait encore récemment ne pas être en cessation de paiement, est en faillite et a déposé auprès de la justice lyonnaise un dossier pour être placé en redressement judiciaire, afin de "préserver l'activité et l'emploi" et "sécuriser son plan de relance", selon la direction.
Concrètement, cette procédure réclamée par l'intersyndicale permettrait d'ouvrir une période d'observation de six mois, éventuellement renouvelable six mois, à l'issue de laquelle un plan de continuation d'activité peut être présenté au tribunal.
Face à "l'urgence de la situation", l'intersyndicale s'est étonnée que l'entreprise ait formulé sa demande à Lyon, alors que son siège social a déménagé à Paris en février et qu'une audience au tribunal des affaires économiques (TAE) de Paris est déjà prévue vendredi.
Sollicitée par l'AFP, une porte-parole du BHV Marais a expliqué qu'une procédure d'assignation de créancier ouverte "il y a plusieurs mois" pourrait rendre le TAE de Lyon territorialement compétent.
"Des échanges sont en cours entre les conseils du BHV et les deux TAE pour identifier la juridiction compétente. On ira à Lyon ou à Paris selon l'issue de ces discussions", a-t-elle déclaré, affirmant que cela ne faisait "aucune différence".
La revente à perte en juin par la SGM de Frédéric Merlin à certains de ses dirigeants n'était qu'"un tour de passe-passe", selon les représentants du personnel, qui avaient appelé à la grève en septembre.
E.Lara--BT