

Ukraine: Zelensky appelle a renforcer la pression sur Poutine après les frappes mortelles
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé à renforcer la pression sur son homologue russe Vladimir Poutine, après l'attaque sur Kiev qui a fait au moins 23 morts tôt jeudi.
Malgré sa rencontre avec Donald Trump le 15 août en Alaska, "Poutine n'a pas fait ce qu'il a dit. Il est temps d'agir et d'envoyer un signal fort", a déclaré M. Zelensky lors d'une discussion en visioconférence avec des dirigeants européens.
"Nous devons maintenir la pression" en vue d'une rencontre au sommet entre l'Ukraine et la Russie, dont M. Poutine avait accepté le principe à la suite de sa visite à Anchorage, a-t-il insisté lors de cet entretien avec les dirigeants polonais, letton, estonien, lituanien et danois.
M. Zelensky a souligné que les frappes de grande ampleur sur la capitale ukrainienne dans la nuit de mercredi à jeudi rappelaient l'urgence d'agir.
Celles-ci ont coûté la vie à 23 personnes, dont quatre enfants, et une cinquantaine de personnes ont été blessées, selon un nouveau bilan de l'administration militaire de Kiev tôt vendredi.
Cette attaque a suscité une vague d'indignation en Europe et au-delà. Le président américain Donald Trump s'est dit "pas content" mais "pas surpris" par ces bombardements, selon sa porte-parole, Karoline Leavitt.
Son émissaire spécial pour l'Ukraine, Keith Kellogg avait dénoncé plus tôt jeudi de "terribles attaques" menaçant "la paix que le président des Etats-Unis cherche à obtenir".
Cette attaque est intervenue alors que des membres de l'équipe de M. Zelensky doivent rencontrer vendredi à New York des représentants du gouvernement américain.
Washington a annoncé jeudi avoir approuvé la vente à l'Ukraine de 3.350 missiles à longue portée et d'équipements connexes pour un montant total de 825 millions de dollars, le gouvernement américain soulignant que cela devrait aider Kiev à mieux se défendre.
Des représentations de l'Union européenne et du Royaume-Uni ont été endommagés à Kiev par ces frappes. Conséquence: l'UE et les autorités britanniques ont respectivement convoqué les ambassadeurs russes à Bruxelles et à Londres.
- "J'aurais été enseveli" -
M. Zelensky a accusé Moscou de préférer "continuer à tuer" plutôt que de négocier la paix.
Il a dit espérer de nouvelles sanctions contre Moscou et appelé les partenaires du Kremlin, tels que la Chine et la Hongrie (membre de l'Union européenne), à adopter une positions ferme vis-à-vis de la Russie, qui occupe 20% du territoire ukrainien.
Dans un quartier de l'est de Kiev, les secouristes ont dégagé plusieurs corps d'un bâtiment résidentiel totalement détruit, ont constaté des journalistes de l'AFP sur place.
"Si j'étais allé à l'abri une minute plus tard, je ne serais pas là aujourd'hui, j'aurais été enseveli", a raconté Andriï, blessé à l'oeil et dont l'appartement a été soufflé.
Pendant cette attaque nocturne, les forces russes ont tiré 598 drones et 31 missiles sur l'Ukraine, selon l'armée de l'air ukrainienne.
La Russie "ne recule devant rien" pour "terroriser" l'Ukraine, a souligné la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, qui au cours d'un échange téléphonique avec Donald Trump a appelé Vladimir Poutine à "venir à la table des négociations".
Celui-ci "tue des enfants et des civils et sabote les espoirs de paix", s'est emporté le Premier ministre Britannique Keir Starmer, le président français Emmanuel Macron fustigeant des "attaques insensées d'une grande cruauté".
Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a pour sa part assuré jeudi que la Russie restait "intéressée" par des négociations de paix avec l'Ukraine mais qu'elle poursuivrait ses bombardements tant que ses "objectifs" ne seraient pas atteints.
- "Rien accompli" -
Fin juillet, des bombardements russes avaient fait plus de 30 morts à Kiev, l'une des attaques les plus meurtrières qu'ait subies cette ville.
Ces frappes avaient poussé Donald Trump à accroître la pression sur Moscou, sans pour autant parvenir à lui faire accepter une trêve, et conduit à sa rencontre avec son homologue russe en Alaska.
Après ce sommet,le président américain avait dit vouloir préparer une réunion en face-à-face entre les chefs d'Etat russe et ukrainien, mais cette perspective semble s'éloigner.
Avant la conclusion d'un hypothétique accord de paix, l'Ukraine veut obtenir des garanties de sécurité des Occidentaux pour dissuader le Kremlin de toute nouvelle attaque.
Pour mettre fin à son assaut, la Russie réclame pour sa part que l'Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées, en plus de la Crimée annexée en 2014, et renonce à intégrer l'Alliance atlantique. Ce que Kiev juge inacceptable.
K.Bermudez--BT