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Ukraine: les discussions doivent reprendre à Genève entre Russes et Ukrainiens
Ukraine: les discussions doivent reprendre à Genève entre Russes et Ukrainiens / Photo: Handout - National Security and Defense Council of Ukraine/AFP

Ukraine: les discussions doivent reprendre à Genève entre Russes et Ukrainiens

Ukrainiens et Russes doivent reprendre leurs pourparlers mercredi à Genève sous médiation américaine pour essayer de trouver une issue à quatre ans de combats en Ukraine, après des négociations la veille qui ont montré peu de signes de progrès.

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Les échanges, qui ont duré six heures, "ont été très tendus" mardi a déclaré une source proche de la délégation russe, précisant que les négociations devaient reprendre le lendemain.

Les trois délégations s'étaient retrouvées à huis clos à l'hôtel InterContinental, tandis que des "conseillers" de quatre pays européens, l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie, étaient également présents à Genève.

"A la suite de la séance plénière, les travaux se sont poursuivis en groupes par domaines prioritaires" avec des réunions des "blocs politiques et militaire", a détaillé l'ex-ministre ukrainien de la Défense qui a rendu compte de ces travaux "au cours d'une réunion séparée aux représentants des partenaires américains et européens".

Il avait évoqué précédemment des négociations conduites de "manière constructive" et "sans attentes excessives".

- Frappes massives -

Les parties travaillent sur la base du plan américain dévoilé il y a plusieurs mois, qui prévoit notamment des concessions territoriales de la part de l'Ukraine en échange de garanties de sécurité occidentales.

Les négociations bloquent toutefois sur le sort du Donbass, le grand bassin industriel de l'est de l'Ukraine: Moscou réclame que les forces ukrainiennes se retirent des zones qu'elles contrôlent encore dans la région de Donetsk, ce que Kiev refuse.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, avait prévenu que "les questions" restant à régler étaient "vastes" et que "personne ne se risquera à prédire" l'issue des discussions.

Quelques heures avant le début des entretiens à Genève, la Russie a à nouveau massivement bombardé l'Ukraine, tirant 396 drones et 29 missiles au cours de la nuit de mardi à mercredi.

"Il s'agissait d'une frappe combinée, délibérément calculée pour causer autant de dégâts que possible à notre secteur énergétique", a dénoncé le président Volodymyr Zelensky, évoquant le "mépris de la Russie pour les efforts de paix".

Cette attaque a fait neuf blessés et laissé "des dizaines de milliers de personnes" sans eau ni chauffage en plein hiver à Odessa, le grand port du sud de l'Ukraine, a-t-il souligné.

Pour faire pression sur Kiev, sur fond de négociations, la Russie multiplie depuis des semaines les frappes dévastatrices sur les infrastructures ukrainiennes.

Un drone russe a par ailleurs provoqué mardi matin la mort de trois employés d'une centrale électrique à Sloviansk, dans l'est de l'Ukraine, ont annoncé les autorités.

- Des "milliers" d'enfants captifs -

Les discussions de Genève font suite à deux récentes sessions de pourparlers à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, qui n'avaient pas débouché sur de grands progrès.

Donald Trump fait pression pour obtenir un dénouement diplomatique du conflit déclenché par l'invasion russe de l'Ukraine, en février 2022.

"L'Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement", a répété lundi soir le président américain, après avoir appelé la semaine dernière son homologue ukrainien à "se bouger", assurant que la Russie voulait "conclure un accord".

Volodymyr Zelensky a pour sa part mis en doute à de multiples reprises la volonté du Kremlin de négocier.

Le président ukrainien a estimé qu'il n'était "pas juste" que le président Trump appelle l'Ukraine et non la Russie à faire des concession pour obtenir la paix, interrogé par le média américain Axios.

Il a dit espérer que cette pression redoublée sur Kiev "soit juste sa tactique et pas une décision".

Samedi, en marge de la Conférence sur la Sécurité de Munich, le chef de l'Etat ukrainien a de nouveau exclu, à ce stade, de céder des territoires à la Russie, qui occupe mi-février 19,5% du territoire ukrainien.

Selon la politologue Tatiana Stanovaïa, le choix d'un conseiller du Kremlin, l'historien nationaliste Vladimir Medinski, pour mener la délégation russe à Genève, illustre le "retour des exigences politiques au centre des discussions".

La Russie avait précédemment réclamé une réduction de la taille de l'armée ukrainienne et un engagement de l'Ukraine à ne pas entrer dans l'Otan.

S'exprimant par ailleurs sur le sort des enfants ukrainiens emmenés en Russie, M. Zelensky a déclaré mardi que 2.000 d'entre eux avaient été récupérés par Kiev depuis le début de la guerre, mais que des "milliers" d'autres restaient captifs sur le sol russe et dans les territoires occupés.

C.Ibanez--BT