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Soupçons de peste en Russie: ce que l'on sait
Soupçons de peste en Russie: ce que l'on sait / Photo: TATYANA MAKEYEVA - AFP

Soupçons de peste en Russie: ce que l'on sait

Le décès d'une employée d'un laboratoire travaillant sur la peste en Sibérie, la semaine dernière, fait la une de l'actualité mondiale et a suscité l'inquiétude du président américain Donald Trump.

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La Russie a attribué ce décès à une pneumonie d'origine "indéterminée", mais les États-Unis, l'Union européenne et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont tous réclamé à Moscou davantage de transparence.

Voici ce que l'on sait sur cette affaire qui intervient plus de six ans après la pandémie de Covid 19 pendant laquelle la Russie avait été accusée de minimiser l'ampleur de l'épidémie sur son territoire.

- Que s'est-il passé ? -

Vendredi, le chef de la région russe de Bouriatie, Alexeï Tsydenov, annonce sur la messagerie MAX qu'une femme dans la région voisine d'Irkoutsk est "morte de la peste". Il modifie ensuite ce message, précisant qu'elle est "possiblement" décédée de cette maladie.

Des médias locaux identifient à ce moment-là la victime comme étant Daria Chipilova, une technicienne de laboratoire de 28 ans.

Le média régional indépendant Peuple du Baïkal affirme qu'elle travaillait pour l'Institut de lutte contre la peste et qu'elle aurait pu contracter la peste pulmonaire, hautement contagieuse, à partir d'un tube à essai cassé.

Jusqu'à 200 personnes avec lesquelles elle aurait pu être en contact ont été placées en quarantaine, ajoute ce média, classé par les autorités russes "agent de l'étranger", sans donner de détails.

Le maire de la ville de Chelekhov, où la victime est décédée, annonce également vendredi que "plusieurs services" d'un hôpital local ont été placés depuis la veille, le 1er octobre, en quarantaine.

Mercredi, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur de l'OMS, a lui appelé à faire la lumière "sur les informations dans les médias faisant état d'un second employé atteint d'une pneumonie d'origine indéterminée".

Sans démentir directement cette information, le Kremlin a réagi en appelant à se fier aux informations officielles et déploré une multitude de "fausses informations" sur cette situation.

- Quelle a été la réaction de la Russie ? -

Le gouverneur de la région d'Irkoutsk, Igor Kobzev, a déclaré lundi qu'une inspection menée par l'agence de santé publique Rospotrebnadzor avait conclu à un décès dû à une pneumonie d'origine "indéterminée".

"La surveillance médicale de plus de 90% des personnes ayant été en contact (avec la victime, NDLR) est terminée. Aucun trouble de santé lié à une pathologie infectieuse n'a été détecté", a affirmé mercredi Rospotrebnadzor.

Selon Rospotrebnadzor, la laborantine "avait été vaccinée et disposait d'une immunité contre les infections dangereuses avec lesquelles elle travaillait" et deux commissions d'experts en sécurité biologique ont conclu qu'"aucune situation d'urgence liée à la manipulation de micro-organismes pathogènes n'a été constatée".

L'agence russe a également fait état de la mise en oeuvre de "mesures préventives et anti-épidémiques complètes" dans la région, sans toutefois préciser leur nature.

- Quelle a été la réaction internationale ? -

Ces informations ont suscité des inquiétudes à l'échelle internationale.

Donald Trump a déclaré lundi que Washington suivait la situation "de très près". Des responsables de l'OMS, de l'Union européenne et des États-Unis ont tous appelé la Russie à faire preuve de plus de transparence concernant cet incident.

"L'OMS a demandé des informations complémentaires pour clarifier la cause de la pneumonie sévère, l'agent pathogène à l'origine des mesures de santé publique", a déclaré mercredi le directeur de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

L'organisation a souligné mercredi soir ne pas être "en mesure" à ce stade de mener une évaluation complète des risques, faute d'une "vision complète" de la situation.

Donald Trump a affirmé mardi qu'il s'entretiendrait par téléphone avec son homologue russe Vladimir Poutine au sujet de cette affaire. Le secrétaire d'Etat Marco Rubio a soulignaé que toute infection en laboratoire inquiétait d'autant plus depuis la pandémie de Covid.

- Quel est le risque ? -

L'agence sanitaire russe Rospotrebnadzor a estimé mercredi qu'il n'existait "aucun risque épidémique pour la population d'Irkoutsk et de la région d'Irkoutsk". Selon cette source officielle, près de 5.000 tests ont été réalisés, sans qu'aucun ne révèle la présence d'agents pathogènes dangereux.

Un porte-parole de l'OMS avait indiqué mardi que le risque pour la région allait de "modéré à faible".

Les experts en santé publique ont également appelé au calme face à cet incident.

Près de 50.000 cas humains de peste ont été déclarés à l’OMS entre 1990 et 2020 par 26 pays d’Afrique, Asie et Amérique.

Face à ces résurgences, les autorités sanitaires ont dû "identifier les personnes touchées, leurs contacts, les placer en quarantaine et leur administrer des antibiotiques", a rappelé mardi Simon Clarke, professeur associé de microbiologie cellulaire à l'université britannique de Reading, sur les ondes de Times Radio.

"Cela nécessite d'importantes ressources. Mais les Russes devraient être en mesure de gérer la situation", a-t-il affirmé.

F.Gonzalez--BT