Equipe de France: sans Mbappé, à Dembélé de jouer
Kylian Mbappé blessé au genou gauche et rentré à Madrid, Ousmane Dembélé, un de ses concurrents pour le Ballon d'Or, sera le nouveau capitaine de l'équipe de France lundi en Belgique en Ligue des nations, si le Parisien est titularisé par Zinédine Zidane.
"Il pourrait jouer les quatre matches, même si ce ne sera pas le cas", a avancé le nouveau sélectionneur, mi-léger, mi-sérieux, pour mieux souligner "l'énorme énergie incroyable" de l'attaquant parisien, "toujours là pour les autres" dans la vie, "au volume de jeu super intéressant", sur le terrain.
Dembélé (29 ans, 68 sélections, 13 buts) avait déjà été "intronisé" vice-capitaine, avec Adrien Rabiot (67 sél.) et Jules Koundé (57 sél.), par le nouveau sélectionneur qui considère plus le nombre de sélections que l'ascendant naturel pour désigner les lieutenants.
Il est devenu en Turquie le 136e joueur à porter le brassard en équipe de France, lorsque le Madrilène a dû quitter le terrain, touché au genou, selon le site Chroniques Bleues qui recense toutes les statistiques de l'équipe de France.
À Bruxelles, l’ancien Rennais, passé par Dortmund et Barcelone avant d’exploser au Paris-SG, deviendrait le 119e capitaine des Bleus depuis 1909 au coup d'envoi de Belgique-France, selon Opta, site statistique de référence.
Une nouvelle épaisseur pour le Ballon d'Or 2025, candidat à sa succession en octobre, qui brille sur la scène internationale avec Paris, mais a tardé à devenir un élément majeur de l'équipe de France, jusqu'à la Coupe du monde 2026 où il a inscrit 6 de ses 13 buts en Bleu, pour deux passes décisives.
Brassard ou non, Zidane le considère comme un leader naturel. "Ca se sent avec son nombre de sélections, son expérience, ce qu'il a fait, ce qu'il est en train de faire" a insisté lé nouveau patron des Bleus dimanche.
"Ousmane, c'est un leader technique, a acquiescé Eduardo Camavinga. Ce n'est pas quelqu'un qui aime prendre la parole forcément. Mais c'est quelqu'un qui nous pousse énormément sur le terrain".
- Retour dans l’axe -
Sur le terrain, repositionné dans l'axe de l'attaque française par Zidane, quand Didier Deschamps l'avait placé sur l'aile droite, la première partition de Dembélé a été timide lors de la victoire en Turquie 1-0, vendredi en Ligue des nations, pour la première de Zizou.
Peu servi et assez transparent en attaque, il s'est beaucoup dépensé en défense, appliquant à l'équipe de France le pressing et le repli que lui demande Luis Enrique, son entraîneur au PSG.
"On espérait une victoire, bien sûr, surtout sur un terrain compliqué, mais je pense qu'on a fait un très bon match dans l'ensemble, on aurait même pu marquer un ou deux buts de plus. Venir ici en Turquie, dans un stade chaud, on savait que ce ne serait pas facile", a-t-il dit après la rencontre, au micro de TF1.
Des propos très convenus, bien loin de ceux prononcés sur Ligue 1 + mi-septembre, qui répondaient directement à une pique de Mbappé lancée dans France Football, en pleine campagne pour l'attribution du Ballon d'Or 2026. Le Madrilène affirmait que son ami avait "toujours été vu comme un joueur de talent" et lui "toujours été vu comme l'élu".
- "Élu" vs "talent" -
"Dans toute ma carrière, je n'ai pas dit un mot, j'ai travaillé énormément. Comme je l'ai dit, je n'ai jamais été l'élu, mais j'ai bossé, et l'année dernière, j'ai été récompensé d'une année fantastique avec le Paris SG et puis, cette année, on verra bien, sans pression, tranquille", avait répondu Dembélé à son capitaine en Bleu et concurrent pour la récompense individuelle la plus prestigieuse dans le monde du football.
Depuis cette passe d'armes que Mbappé a timidement tenté de désamorcer, la relation entre les deux joueurs est scrutée, voire surinterprétée, et le malaise n'a jamais clairement été dissipé.
Même Koundé, interrogé à ce sujet après Turquie-France, n'a pas totalement balayé les doutes en disant: "le Ballon d’Or, l’ambiance ? Ça vous inquiète, mais ça fait partie des choses de la vie. Ils sont grands pour régler leurs problèmes s’il y en a".
Au moins, la blessure de Mbappé et son retour à Madrid règle le problème de la cohabitation entre les deux hommes pour les trois prochains matches des Bleus. C'est désormais à Dembélé de les guider. C'est à lui de jouer.
Z.Franco--BT