Top 14 : en crise de résultats, Clermont et Urios sous tension
Quelques semaines après avoir annoncé la promotion de Christophe Urios comme directeur sportif, l'ambiance est tendue à Clermont, 12e du Top 14 et qui vient d'encaisser quatre défaites de rang avant de recevoir le Racing 92 samedi (14h30) pour la 8e journée du Top 14.
"C'est un match bascule, un match passion joué par des passionnés pour faire tomber la pièce du bon côté. On sait tous que la situation n'est pas facile, forcément, et que les gens sont déçus, parfois résignés par notre inconstance", a admis Urios vendredi lors d'une conférence de presse durant laquelle il a limité ses réponses à la stricte actualité de la composition de l'équipe.
Son intervention devant les médias a duré moins de trois minutes chrono, avant de prendre congé.
Alors que le club auvergnat visait la qualification pour les barrages, un objectif manqué d'un point la saison dernière, le voilà à regarder vers le bas avant de défier un autre ambitieux mal classé, le Racing demi-finaliste en 2026, et aujourd'hui 13e.
L'ASM vient d'enchaîner quatre revers, contre La Rochelle (38-13), Bordeaux-Bègles (23-22), le Leinster en coupe d'Europe (48-23) puis surtout contre la lanterne rouge Vannes (27-26), dont c'était le premier succès cette saison.
Toutes ces défaites ont été concédées après les annonces le 7 octobre du président Jean-Claude Pats sur le futur organigramme du club.
Urios, entraîneur principal de Clermont depuis 2023 et très critiqué par certains supporters auvergnats, prendra le poste de directeur sportif pour les trois prochaines saisons, à partir du 1er juillet. Il sera remplacé à son poste actuel par l'Anglais Joe El Abd.
Celui-ci ne prendra en fait ses fonctions qu'après la Coupe du monde en Australie, à laquelle il participera avec l'encadrement du XV d'Angleterre.
- Départs de joueurs -
Cette réorganisation devait permettre de clarifier la situation auprès des joueurs, après les départs du centre Léon Darricarrère et du pilier droit Régis Montagne à Toulon, traduisant les difficultés d'Urios à faire passer son message et sa méthode, alors que l'équipe ne semble plus progresser cette saison.
Mais dans le même temps, ces annonces ont créé une incertitude sur l'avenir de certains membres de l'encadrement sportif.
"Nous comptons utiliser les prochaines semaines pour dessiner les contours de l'encadrement qui accompagnera Joe El Abd dans sa nouvelle mission", avait déclaré Jean-Claude Pats.
Depuis, Frédéric Charrier, chargé des arrières, a déjà indiqué que son contrat ne serait pas prolongé.
En attendant, l'ASM doit casser cette spirale négative et terminer ce mois d'octobre difficile sur une note positive.
"Nous avons besoin de points, de renouer avec la victoire et de nous rassurer, peu importe la manière", a concédé l'arrière Kylan Hamdaoui, un peu tendu.
"Gagner ferait du bien aux têtes, ramènerait du sourire et de la confiance", a-t-il poursuivi.
De son côté, visage fermé, le talonneur Barnabé Massa a appelé "à la révolte, car on ne fait pas le début de saison que nous souhaitions faire".
"Il faut se reconcentrer sur nous, arrêter de parler beaucoup et donner des preuves sur le terrain", a-t-il ajouté, affirmant "n'être pas sûr que cela plaise à grand monde d'être 12e après sept journées".
L.Carvajal--BT